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Un peu de l'histoire du village et de sa région

Origine du nom de Mortagne : "morte eau".
La racine médiévale agne, qui vient du mot gaulois onna (source, rivière), est issue de la rencontre entre la prononciation gallo-romaine du nord-est de la Gaule, qui "ouvre" les voyelles, et d'un mot d'origine probablement germanique, fani, qui désigne des marécages ou des eaux dormantes, et que l'on trouve fréquemment sous les formes faing dans les Vosges et fagne dans les Ardennes.
(Désolé, je n'ai pas noté la référence du site ou j'ai trouvé ces mots).

(Source : Dictionnaire Topographique du département des Vosges)
La commune semble avoir des sources très légèrement différentes :
      


Population
école
Production agricole
Economie du début du 20ème siècle
Alimentation
Chronologie
Appartenance
Vestiges
Eglise
Divers


Population
En 1887, il y avait selon l'annuaire des communes : 587 habitants dont 184 mâles, 154 électeurs (hé, les femmes ne sont devenues de véritables citoyennes qu'en 1947 !) répartis comme suit :

	bout du dessus 	76
	bout du milieu	134
	droites		51
	Hormes		129 (mais non, il n'y a pas de faute d'orthographe)
	Basse Choserot	14
	Basse des jumeaux	15
	Basse de Chevelet	28
	Vieux Champ	13
	Vieux Moulin	12
Fermes isolées
	Cresseunieulle (actuellement maison de M. Weyer sur RD50)		7
	Féculerie (face à Sept fontaine dans la basse de Mossoux - vestiges)		3
	Fins Beaudoin	9
	Haut Jacques	2
	Jerroue		3
	Plaine Goutte	3
	Tavongoutte		4
 (ne recomptez pas, il n'y a pas le compte !)

	12 conseillés municipaux
	Et 4 conscrits


Evolution de la population :

	1710	85 (35 ménages) 
	An12	468
	1830	586
	1847	688
	1867	650
	1880	698
	1886	587
	1921	327
	1931	301
	1938	272
	1946	246
	1954	213
	1962	177
	1968	146
	1975	118
	1982	112
	1990	119
	1999	151
	2005	153
	2007	164

Jusqu'en 1940, un car de ramassage emporte les travailleurs "en ville".
Puis le village va se vider.
Le renouveau est arrivé avec l'engouement pour la nature depuis la fin des années 80 et probablement aussi grâce à la disponibilité d'un transport scolaire par taxi d'abord, puis par minibus, de routes bien entretenues et déneigées en hiver, des télécommunications (mais toujours pas de haut débit !)

A noter (source : carte communale de 2005) : 114 logements dont 62 résidences principales et 46 résidences secondaires, 6 logements vacants.


Production agricole en 1886 :

Les chiffres sont exprimés en hectos, doit-on comprendre hectolitres ? 
logique pour les céréales, curieux pour des pommes de terre !
	60 hectos de blé
	320 hectos d'avoine
	6000 hectos de pomme de terre


Economie du début 20ème siècle :
L'économie du village est toujours mixte :
- Chaque ferme héberge 1 ou 2 vaches, 1 cheval ou 1 boeuf utilisé en commun pour le débardage et les labours. Les cochons étaient abattus 2 fois par an.
- Outre une agriculture vivrière, les hommes travaillent essentiellement aux bois : bûcherons, débardeurs ou travaillent dans les scieries.
- Les femmes travaillent à domicile comme brodeuses, festonneuses notamment pour l'entreprise KEMPF de Ramberviller (Les mouchoirs sont livrés par train à la barrière de Fremifontaine) et la fabrique de bérets basques Veyrier (finitions à domicile).
Au bout du Dessous, il y avait un café-épicerie-débit de pétrole (maison détruite dans le virage à angle droit), une boulangerie (actuelle ferme de M. Vexlard), une cordonnerie.
Les cultures : seigle, avoine, orge
Ecoles : Après 1918, une seule classe, en 1932 ouverture d'une seconde classe (1936 : 48 enfants) qui subsiste jusqu'en 1955, l'école est fermée en 1974.


Alimentation :

L'alimentation typique n'est bien sur pas spécifique au village de Mortagne, mais elle souligne la rusticité du mode de vie dans les Vosges moyennes. Ceci est tiré du livre "Vosges" de Christine Bonneton Editeur.

A l'époque gallo romaine, il n'y avait pas trop de problème d'alimentation : bouillies de céréales, potées de légumes, gibier, basse-cour, poissons et pain, escargots.

Par la suite, invasions, guerres, insécurité, servage, imposition ont apporté la famine chronique. La chasse et la pêche étaient soumises à autorisations .... La vie était austère et spartiate !

Menu type :

	Déjeuné vers 6-7 H soupe de pomme de terre épaisse ou broquatte (écume grasse du lait cuit)
	Pause de 10H et de 17H (pendant les gros travaux) : mouaronnde = tranche de pain avec un morceau de lard + lampée d'eau de vie
	Dîné : soupe de pomme de terre poireau ou de gros haricots secs ou de fèves
		plat de légumes de saison (raves, cartouffles, navets, carottes), en hiver : millet, orge, avoine, choucroute, choux, navets.
		plat traditionnel : toffaille = pomme de terre cuite à l'étouffée
	Miche de pain de seigle avec un peu de farine blanche et avec de la pâte de pomme de terre et de poires des moissons. Cuisson une fois par quinzaine !
	Soupé vers 17-18H :
		Soupe de pomme de terre ou au lait ou à l'oseille ou aux orties
		Plat de résistance : pomme de terre en robe des champs coiffée d'une raclure de fromage (appelées "petites femmes" ou "noces"). 
		On les dégustait aussi avec du "chic" (lait caillé).
		Laitage et fromages accompagnaient tous les repas.
Les mets traditionnels tels que toffaille, mougin, queugnet, cholande font toujours partie de la vie des vosgiens malgré leurs rusticités. 


Ecole

En 1887, l'école primaire regroupait 66 garçons et 55 filles
Il y a une bibliothèque de 256 volumes
1785 : 89% des hommes et 65% des femmes qui se marient sont capables de signer (!) 1870 : 97,9% des vosgiens qui se marient sont capables de signer.
Les enseignants : les soeurs enseignaient à l'école des filles, l'école des garÇons était tenue par M. Marchal vers 1890, puis par Mle OSTET vers 1910.


Chronologie
tentative de recréer un contexte à partir des informations glanées depuis des sources diverses.


Appartenance
A l'époque gallo-romaine, Mortagne fait partie du pays des Leuques (Toul).
En 212, après l'édit de Caracalla, la zone montagneuse devient un "saltus" propriété collective de l'état romain; elle constituera ensuite le "fisc royal" mérovingien et carolingien.
Ces rois attribueront alors ces terres aux moines évangélisateurs.
Au moyen âge, les terres de MORTAGNE appartiennent pour moitié aux chanoinesses de REMIREMONT, pour un quart au comte de LUDRES et pour le reste au sieur REDOUBTE.
Il y a 5 scieries :

	GERU
	LORFOSSE
	HARDIE
	BLANCHEFONTAINE
	PIOT
Ces scieries appartiennent aux mêmes personnes que ci-dessus

En Mairie, il n'y a que quelques titres antérieurs à 1790, le plus vieux date de 1578 et a trait à une vaine pâture


Eglise
L'église a été construite en 1840 probablement achevée en 1843 date du tableau qui se trouve dans le choeur, peint par DOLMAIRE un peintre de Bruyères, il représente St Mathieu rédigeant l'évangile à la lumière du St Esprit.
L'église a été financée par les habitants de Mortagne soumis à l'impot.

La mairie et l'école datent de 1842.


Divers
- Les cloches de l'église des rouges eaux ont des noms : Sophie, Marie et Catherine
- Les templiers auraient possédé avant 1307 une propriété entre Brouvelieures et Frémifontaine, l'ordre a été dissout à cette date et les templiers auraient été exterminés au bûcher en 1312, ceux de Frémifontaine ont été égorgés par la population en 1313; certains historiens doutent beaucoup de la présence des templiers à Frémifontaine et bien sur du massacre, car nulle trace n'a été trouvée dans les archives.
On peut encore voir les amas de pierres, mais les vestiges les plus remarquables ont étés récupérés par les habitants de Frémifontaine : on peut voir dans ce village des fenêtres à meneaux provenant des "templiers".

Voici quelques documents qui éclairent sur l'histoire de la région, ils sont puisés dans les bulletins de la Société philomatique vosgienne disponibles sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (http://gallica.bnf.fr).

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